Mon expérience en Coupe du monde, prise 2

Par Audrée Vaillancourt

J’avoue que je n’avais pas nécessairement penser faire une autre coupe du monde après ma première expérience en 2015. J’ai entamé ma saison 2017, sans trop d’attente, mon but étant d’avoir encore du plaisir à me présenter à la ligne de départ du haut de mes 34 ans.  J’ai eu un très bon début de saison avec deux 2e positions en Coupe Canada. Peut-être mon Pivot Phoenix, ma nouvelle monture qui fait tout le travail?! Bref, j’avais accumulé assez de points UCI pour pouvoir participer aux prochaines Coupe du monde. Depuis l’année dernière, le nombre de points requis est de 40, soit le double de ceux requis en 2015. Je ne croyais pas y parvenir et n’y avais donc pas fait d’objectif.  Une autre québécoise, Sarah Konefal, allait pouvoir y prendre part. J’ai donc décidé de participer une seconde fois à la Coupe du monde au Mont Sainte-Anne, avec Sarah. Nous avons chacune nos forces et allions pouvoir pratiquer ensemble et s’y sentir moins seule.

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Malheureusement, une semaine avant la course, je reçois un texto de Sarah qui s’est cassée la clavicule à Bromont… Après ma première expérience en 2015, je connaissais les défis qui m’attendaient: un parcours brutal, peu d’heures de pratique, des gens qui roulent vite sur le parcours, se sentir intimidée de rouler avec les gros noms et, encore une fois, devoir pratiquer seule… On m’avait dit que la première coupe du monde était la plus difficile en terme de stress. L’expression « a deer in the light » s’appliquait bien à moi en 2015! J’étais beaucoup plus calme cette année. J’ai décidé de me concentrer sur les sections que je pouvais maîtriser plutôt que de risquer de me blesser sur les jumps et les drops où je suis moins à l’aise étant donné le peu d’heures de pratique et le fait que je n’avais personne pour me donner la vitesse et le courage pour ces obstacles.

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Track walk le mercredi, pratiques le jeudi qui se sont plutôt bien déroulées (avant de m’apercevoir des trous dans le dos de mon jersey!). Le vendredi matin avant la qualification, j’ai fait une grosse chute sur la « Steve Smith drop », un gros rocher qui m’avait donné du fil à retordre également en 2015. J’ai affecté ma confiance à ce moment, et j’ai eu à nouveau une grosse chute lors de ma qualification. Je me suis relevée, j’ai réalisée que je n’étais pas blessée et je suis repartie. À mon arrivée, on m’annonce que je suis qualifiée pour la finale du lendemain. J’en ai presqu’été déçue de devoir continuer après la chute que je venais de subir… Entrevue avec les médias locaux (http://www.journaldequebec.com/2017/08/04/3-quebecois-seront-de-la-finale-en-descente) et ensuite, se remettre de ses émotions… J’aime bien l’article qui met en perspective ma réalité et mes objectifs qui sont tellement différents de ceux d’autres athlètes à ce niveau.

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Les conditions de la piste la journée de la finale étaient complètement différentes de celles des jours de pratique avec la pluie tombée durant la nuit et durant la journée. J’avais déjà pris la décision de ne pas prendre de risque lors de la finale. Mon corps était  très fatigué des journées précédentes et un peu endolori de ma chute de la veille. Désolée pour le spectacle, mais je m’en étais occupée lors de la qualif, pour ceux qui m’ont vu tomber! Cette attitude m’a au moins permis d’éliminer en grande partie le stress que j’avais plutôt mal géré deux ans plus tôt, même si cette fois je faisais partie de la finale!

C’est tout de même impressionnant de voir tout le cirque de l’intérieur. Les caméras, les photographes, le spinning de réchauffement à côté de Tracey Hannah! J’avais vraiment le syndrome de l’imposteur, mais j’ai choisi de m’amuser! J’ai pris le départ de ma finale, étonnamment pas trop nerveuse. J’ai réalisé une run correct, prenant plusieurs « chicken pass ». J’ai réussi ce que je souhaitais, soit me rendre un bas en un seul morceau et avec le sourire! C’était incroyable d’entendre tout le monde qui criait mon nom tout au long du parcours. J’ai réussi à rester concentrée malgré tout! Tant d’encouragements, de bons mots, de messages motivateurs, cela m’a fait réaliser que j’avais de la chance de vivre une telle expérience, même si je ne sentais pas nécessairement que j’avais ma place en finale. C’est une belle leçon d’humidité de pouvoir se comparer à des filles à ce niveau, qui arrive à maîtriser un parcours aussi brutal!

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 Nous avons aussi eu tout un spectacle des élites homme, les meilleurs au classement descendant sous une pluie torrentielle. Félicitations aux autres québécois ayant pris part à cette manche de la Coupe du monde, et specialement Hugo Langevin pour sa 26e place et Anthony Poulson pour sa 16e place chez les juniors! Un merci spécial à tout le monde pour vos encouragements, ainsi qu’à mes commanditaires Pivot Cycles, On the Edge Canada, Trees Mountain Apparel, Sports aux Puces Longueuil et Five Ten! Mainenant, place à la convalescence après m’être cassée le bras trois jours plus tard sur une piste cyclable à Montréal… Je reviendrai la prochaine saison encore plus assoiffée d’adrénaline!

Photos par Andy Vathis

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Par Audrée Vaillancourt Sports aux Puces Longueuil

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