Vélo de montagne – Mesdames, à bord!

Par Audrée Vaillancourt

Je joue à l’avocat du diable. Je suscite la discussion.

On voit de plus en plus de clubs de vélo de montagne réservés aux femmes. Que ce soit les Mudbunnies dans la région de Bromont et d’Oka, les Mountain bike girls à Québec, Les Poules qui roulent dans le secteur de Tremblant, les Chèvres de montagne qui sont dans plusieurs régions et plusieurs activités de plein-air, on sent un réel intérêt des femmes pour ce genre d’encadrement et d’organisation.

Je me suis posée la question à savoir si c’est une formule qui me plaît. Est-ce une formule qui m’aurait plu avoir commencé le vélo de montagne à un âge adulte? Le vélo de montagne, j’ai eu la chance de tomber dedans quand j’étais petite. À 13 ans, tu ne fais pas de l’anxiété à savoir si tu vas pouvoir suivre tes amies, tu ne te demandes pas si tu peux rouler avec les gars s’ils t’ont demandé de venir avec eux, tu ne demandes pas si tu es assez bonne pour t’inscrire à la compétition. Tu le fais, c’est tout. Cela a probablement marqué ma façon d’être et de m’embarquer dans des activités inconnues. Exemple, j’ai envie de faire de l’escalade de glace, je trouve une journée d’introduction pas chère sur Montréal à rabais. Je convaincs quelques ami(e)s de s’inscrire avec moi. J’y vais, j’ai la piqûre, je m’équipe en usagé. J’harcèle le kinésiologue au gym où je m’entraîne pour qu’il m’emmène avec lui. Je vais à un festival d’escalade de glace pour grimper et pour y rencontrer d’autres grimpeurs. On verra où cela me mène. C’est moi. Mais pour en revenir au vélo, c’est vrai que j’ai beaucoup roulé avec des gars. Par contre, j’aime beaucoup rouler avec des filles également, dont mon amie Geneviève, plus téméraire que moi sur les drops par exemple. J’aime la suivre sur les obstacles qui me font peur. D’un autre côté, j’ai appris à faire des drops en suivant un copain que j’ai eu il y a quelques années. La constante: s’améliorer avec une personne en qui on a confiance! 

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Oui, je crois que les clubs et organisations de filles sont une bonne chose pour s’introduire au vélo, faire disparaître certaines craintes, justifiées ou non, et se créer un réseau. Toutefois, je crois aussi qu’il ne faut pas s’empêcher de rouler avec des gens plus forts, tout en reconnaissant ses limites. Mesdames, les hommes sont enchantés de voir des queues de cheval dans les « bike parks ». Ils sont également heureux de nous conseiller sur la meilleure ligne à prendre, que nous les suivions sur un obstacle qui nous fait peur. Bref, oui roulons entre filles, mais non, ne ratons pas d’opportunités de belles rides à vélo, de découvrir de nouvelles places parce que nous sommes la seule fille. Je crois toujours que pour s’améliorer, on doit aller voir où sont nos limites. Et les limites sont souvent bien plus loin qu’on le pense! 

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Québec Mountain Bike Girls et Juliana/Maaxx Events ont également organisé des courses d’enduro exclusivement réservées aux femmes. Pour ma part, j’ai participé à l’enduro/Juliana à Bromont. Je ne voulais pas manquer cet événement, histoire d’encourager l’organisation. Ce sont 95 femmes qui s’y sont inscrites. Du jamais vu! J’ai adoré! L’ambiance y était excellente, détendue, festive!

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Ce que je souhaite, c’est que ce type d’évènements amène plus de femmes à s’inscrire aux épreuves régulières, que cela permette de « dédiaboliser » la compétition! Comme je mentionnais à quelques amies, ce type d’évènement est super, mais ce n’est pas tout à fait la réalité. On ne nous accueillera pas toujours avec un café latté gratuit, des shooters de sirop d’érable entre les épreuves, des gars « en chest » pour nous encourager et des prix de participation à l’infini! La ouatte, je crois que c’est pour briser la glace, pour que les femmes aient envie de se réinscrire à un enduro mixte! Pas besoin d’attendre un an pour le prochain événement! Cet été, j’ai eu la chance de coacher des femmes pour les initier aux enduros, dans le cadre de l’enduro Wildside (http://www.wildsideenduro.com) avec les Chèvres de montagne (http://www.leschevresdemontagne.com). Ces femmes ont vaincu leurs craintes, ont pris confiance dans leur capacité de relever ce défi! Mon but était justement de leur donner le courage de participer à l’epreuve, ensuite chacune d’elle se fixe un objectif qui lui est propre.

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Il y a différentes formules adaptées aux femmes. Par exemple, le circuit de descente B-Maaxx vise surtout l’initiation aux courses de descente, avec des parcours assez faciles techniquement (http://www.maaxx.ca). Les jeunes, les moins jeunes, les femmes, les pros, tout le monde y trouve son compte! À la dernière course de descente B-Maaxx de la saison, nous étions 17 femmes. C’est le plus de femmes que j’avais vu en descente en 10 ans! Et la bonne nouvelle, c’est que de plus en plus de ces femmes participent aux Coupes Québec de descente! On aime!

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Bon, où voulais-je en venir en rédigeant ce blogue? Nul part en fait! Parlez-en bien, parlez-en mal, mais parlez-en! Ce qu’on veut, c’est plus de femmes sur leurs vélos de montagne, en plein-air, dans les sports extrêmes! Chacune trouve la formule qui lui convient.  Mon message est simplement de ne pas se mettre de barrières, de ne pas se mettre de limites. Les limites, de toute façon, elles sont faites pour être repoussées, que ce soit en compagnie d’hommes ou de femmes! Et mesdames, ayez confiance! Nous sous-estimons souvent ce que nous pouvons réaliser! #girlpower

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Par Audrée Vaillancourt Sports aux Puces Longueuil

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